mardi, avril 11, 2006

Encore du vrac

L'info du jour ? Le pseudo retrait du cpe bof. Je l'ai appris dans une AG étudiante. La première à laquelle j'assistais, mais justement on pourra penser à autre chose et ce n'est pas les sujets de facheries qui manquent...

Mais keuf, keuf fait la police ?

Rencard à 5h30 ce matin à place d'It et on y était. Les flics n'en sont pas revenus et tout c'est bien déroulé : un dépôt RATP avec trois lignes et demi de bus bloquées jusqu'à dix heures, départ dans le calme après négociations hilarantes, zéro arrrestation, zéro lacrymo (les agents de la sécu prenait le café et le croissant dans le local CGT...), et après avoir obtenue une attestation de la hiérarchie comme quoi les employés n'y étaient pour rien et que c'est nous qui avions tout fait ! Exaspération des petits chefs et franche rigolade. Ensuite AG à Censier : les étudiants du lieu trop sages, très encadrés par leur profs, une plus libre de la Sorbonne en exil et plus dans l'amphi d'en face, naïve mais où chacun a pu s'exprimer...

Que des affiches sur le CPE et la lutte des facs.... Il va falloir se recycler fissa. On s'attaque au CNE maintenant ? Basta. Vive les vacances : c'est un moment propice pour découvrir autre chose. C'est tout qu'il faut changer.

Entendu des activistes locaux : « Etudiants », « salariés », à croire qu'aucun étudiant n'est fils de chômeur, qu'ils ont tous les papiers, que la loi de l'immigration choisie ne concerne pas aussi ceux qui veulent venir apprendre... Mais l'accueil fait oublier la naïveté des discours, la parole est libre et c'est à nous d'y passer pour ouvrir un peu ces salles d'attentes du salariat que sont devenus les facs.

Plutôt sans diplôme et sans Sarko, que cheffaillon de l'état UMP

Certains s'inquiètent pour les exams ? De perdre une année ? Qu'est-ce qu'une année ? Sans nier le risque pour certains de décrocher des études avec les conséquences que cela peut avoir (de vieux militants connaissent), d'autre choses plus importantes se décident aussi aujourd'hui. Avoir un diplome ? Un diplome de quoi ? De gestionnaire du système que nous concoctent Sarko et Villepin...

Nico qui ? Niquons la Police

Une AG intelligente. Discussion sur la manif de demain. Dans un bocal entre Répu et Richelieu Drouot. On risque d'être cerné avant même le dapart mais au moins nous aurons moins pas de difficulté pour se retrouver. Gaffe aux vilcis poussés au zèle par Sarko. C'est le petits chefs des RG qui a conduit leur charge par derrière place d'It. : si le ministre se donne en spectacle sur le terrain, les sous-fifre doivent s'y coller vraiment... Une fois ils ont profité de l'innatention pour traverser la foule mais à la deuxième le vide s'est fait autour d'eux et ils ont dû tourner court sous les vols de projectiles...

Demain tout est possible. Pas de So syndical etc. Eviter juste de rester scotcher dans des affrontements stériles avec la flicaille. Esquivons le face à face et prenons la tangente.

A+

Cétotomatix

lundi, avril 10, 2006

Histoire d'Adama

Adama rentre du boulot, mercredi 15 mars 2006. Il est un peu plus de 16 heures, gare de Chaville, Hauts-de-Seine. Adama va prendre le RER C pour rentrer sur Paname. Les tourniquets sont « ouverts », il ne peut donc valider son billet retour (il avait pris un aller-retour au départ d'Invalides). Contrôle des billets. Des policiers accompagnent les contrôleurs. On lui demande ses papiers, il n'a rien sur lui. Adama est malien, « sans-papiers ». Il est emmené au commissariat du coin, puis transféré au centre de rétention de Nanterre. Il y reste jusqu'au lundi matin suivant, où il est entendu. Entre-temps, il a pu faire prévenir son frère par téléphone, mais sans lui parler directement. Cela fait 7 ans qu'Adama est en France, casier vierge. La Préfecture contacte le Consulat du Mali (il a donné sa vraie nationalité). Ce même lundi, il est transféré au centre de rétention de Massy-Palaiseau, où il restera jusqu'au jeudi 30. Il se voit donc remis en liberté, après 15 jours en rétention, mais on n'oublie pas de lui notifier qu'il est maintenant censé quitter le territoire français dans les sept jours. Les sept jours ont passé. ............................................................................................................................................. En faisant des recherches, je tombe sur l'appel d'offre suivant, glaçant : Nom et adresse officiels de l'organisme acheteur: ministère de l'intérieur, M. le préfet des Hauts-De-Seine / dde 92. Objet du marché: Centre de rétention administrative de Nanterre « marché de contrôle technique en vue de la réhabilitation d'un bâtiment en béton, construit en 1967, sous-sol, rez-de-chaussée surélevé et deux étages [Shon indicative de 1.250 mètres carrés ; surface construite au sol : 311 mètres carrés]. Ce bâtiment, logeant actuellement des policiers auxiliaires, sera transformé en CRA (pour étrangers en situation irrégulière). La capacité d'accueil sera d'une trentaine de places. Forts impératifs de sécurité et de sûreté. Délai de conception et de réalisation serré. Travaux en milieu non occupé. Durée prévisionnelle des travaux : 10 mois.présence de carrières sous le bâtiment. Montant approximatif des travaux : 3.000.000 eur ht » Date prévisionnelle de commencement des travaux : 1.e.r juillet 2006. http://www.klekoon.com/boamp/BOAMP_3_Detail.asp?ID_appel=363177 Zurdo

En vrac

Dans quel endroit contacter les chômeurs ?

— dans les ANPE : ne les brûlons pas toutes : mêmes pas les déménager, y aller, discuter, tracter, mettre une ou deux affiches, poser des questions aux radiateurs, où attendre qu'ils viennent vers nous... Au pire : on se fait foutre dehors, au mieux, si la sauce prend. de toute façon on est pas mal çà devoir y aller régulièrement, mais cette fois c'est nous qui décidons quand et des questions qu'on pose... En toute courtoisie

Dite le avec des fleurs

— c'est le printemps et l'occasion pour se mettre/remettre à l'écologie sauvage, autonome, libertaire, où ce que vous voulez. « Cantonnière », j'aime bien, au jour le jour autour de chez soi : investir les lieux, planter, semer comme l'ont fait les anti OGM avec du tournesol rustique sur les pelouse du Luxembourg (inconvénient : on ne voit le résultat que dans quelques mois, mais bon, on ne va pas s'arrêter en si bon chemin ?). Ce ne sont pas les friches qui manquent et il y des plantes qui poussent partout dans la première goutière bouchée, la moindre fissure du bitume (roses trémieres comme à Ménil, girofflées, belle de nuit etc.). Un peu tard pour récupréer les graines, mais demander aux botanistes autour de vous.

La musique adoucit les moeurs On attend la fête officielle où on si met tout de suite ?

Etc. Etc.

lundi, avril 03, 2006

L'avis d'un spécialiste

« Les forces de l'ordre sont dans la situation de la bataille d'Azincourt [défaite des Français face aux Anglais en 1415] : un face à face entre un escadron lourd et blindé et des petits groupes d'archers très mobiles. » Alain Bauer, le 27 mars 2006.

L'information n'est plus toute jeune, au regard de l'actualité galopante, mais ces considérations « stratégiques » de notre grand spécialiste national es sécurité (Pourquoi des CRS inefficaces face aux casseurs? avec en prime une superbe photo de ce gros porc) peuvent être dégustées à froid. Elles méritent même qu'on s'y attarde surtout que je ne crois pas qu'on les ait déjà signalées sur Indy. Pöurtant c'est toujours utile de connaître le point de vue de l'adversaire et celui qui avait prêté attention à l'exposé dans la presse des plans de Sarkozy, décidé à reprendre les choses en main pour la manif de mardi après ces premiers constats d'échec (cf. l'encadré au bas de l'entretien avec Bauer et les révélations du torchon de July et Rothschild), pouvait prévoir assez bien ce qu'il allait se passer à Répu.

Depuis la situation a changé, avec une première marche nocturne. Bien sûr cela ne se décide pas comme cela une manif « spontanée », mais rien n'empêche d'y penser et plus on est à y penser...

Rompre le face à face

Transformer le face à face décrit par Bauer en guerre de mouvement permet bien sûr de bien mieux tirer partie de la situation. Certains parmi nous nous rappelaient même, se référant aux actions contre les grands sommets, que plusieurs petites manifs étaient plus efficaces qu'une grosse. Encore faut-il être assez nombreux, mais les flics peuvent aussi se charger de le faire pour nous : le 31 la manif était déjà dangereusement distendue, avec une avant-garde assez sauvage en éclaireur et des attardés sur le boulevard de Clignancourt, quand notre accompagnateur des RG (vous savez un petit mec brun, toujours le même depuis des années, qui se balade tout tranquille avec son talkie à nos côtés - même s'il a dû un peu presser le pas cette fois pour gagner le haut de la rue Lepic - mais qui est quand même le coordinateur des troupes adverses) est passé à ma hauteur en donnant l'ordre de briser le cortège et de faire des interpellations (« Là ça casse ») ce qui fut fait dans les cinq minutes.

Azimut brutal

Il n'y a pas trop de regrets à avoir, car on commençait aussi à être fatigué, quoiqu'en dise le slogan... mais cela aurait pu arriver plus tôt. D'où l'importance de désigner des objectifs clairs pour éviter que la première charge ne sépare le cortège en plusieurs groupes errants au hasard, ce qui faisait la force des manifs lors des sommets puisqu'il s'agissait d'atteindre et de pénétrer dans une zone déterminée, celles où se tenaient les conférences. C'est plus difficile à Paris où les lieux du pouvoirs sont si nombreux, mais même un objectif quasiment impossible à atteindre (ex. l'Elysée) permet de poursuivre la marche dans une direction commune, par des chemins différents, aux groupes de se recomposer pour d'autres convergences, diversions (jouer la dispersion des keufs cette fois). Et au passage, se fixer l'Elysée, cela permettrait de porter l'agitation dans d'autres quartiers, de l'Ouest, encore bien épargnés, mais ce que j'en dis, moi...

Répression / violences policières / LCE CPE CNE / Luttes Sociales / Médias / Police / Justice / Prisons Repression / violences policières / Travail

Strategix

jeudi, mars 30, 2006

De Villepin dans la panade, Sarko à la parade

Nous étions avertis : Sarko l'avait annoncé, et Libération l'avait relayé : « il faut rentrer à l'intérieur des cortèges pour aller chercher ceux qu'on doit aller chercher ».

L'article de samedi consécré aux prépartifs policiers : « Accusée de laisser-faire, la police cherche une riposte », nous montrait Sarko, en personne, se préparant à nous organiser un de ces moments inoubliables qui vous font une carrière et le torchon de July avait du mal à se retenir d'applaudir.

Avec l'arrivée providentielle des premières bandes de « ouaich » ou les « z'y-va » selon la subtile sémantique de nos journalistes de gôche, voilà enfin qu'allait être faite la distinction tant attendue entre le bon manifestant et le méchant casseur.

Les syndicats protestaient mollement mais ils ont trouvé la parade naturelle : collaborer... Et Libé de les en féliciter.

J'ai été surpris que personne n'ait encore signalé ce vibrant éloge de la flicaille syndicale et des keufs de Sarko : « Syndicats et policiers font ordre commun ». C'est peut-être trop gros pour réaliser.

Au fil de la manif, cette collaboration assumée a permis de « limiter les dégats » ? Pas pour les « lascars » déjà qui « morflent sérieusement » à la jubilation visible du journaleux maison (Didier Hassoux) : «  Le service d'ordre de la CGT du Livre finit le boulot en allant livrer les fauteurs de trouble aux gendarmes mobiles » etc. etc. avec pour preuve à l'appui dans la version papier une belle photo en plongée, sur une collègue caméraman en train de se faire tirer son matos...

Libé roule pour Sarko, ou plutôt ils se pissent dessus ? Ayant passé pas mal de temps à Répu, j'ai bien vu les meutes de civils sillonner la foule mais je n'ai pas assisté à la brillante participation des amis de Bardet. Un détail a échappé à Libé : dans leur brillante stratégie, les complices des keufs, ont quand même dû leur laissé la place où devait arriver la manif...

Dispersion de la manif : tout le monde à droite

Dès 18 heures des cordons de CRS commençaient à l'issue de charges plus ou moins houleuses à travers la place à se rapprocher dangereusement du débouché du boulevard du Temple d'où se déversait le cortège. Un moment bloqué, les syndicats qui arrivaient était vite priés de ne pas s'attarder sur la place, et de tourner l'angle, direction le boulevard Voltaire.

La MJS n'a pas encore senti les gaz lacrymo mais il ne fallait pas s'attarder.

Les mégaphones relayaient le mot d'ordre : « tout le monde tourne à droite. » Et surtout ne regardez pas ce qui se passe à gauche. A gauche, sur la place ? La foule de ceux qui n'avaient pas envie de rentrer si tôt à la maison, voir à la télé comment, combien on avait bien manifesté était livré à d'hallucinantes manoeuvre des keufs à la parade...

samedi, mars 25, 2006

Et pendant ce temps, les rafles continuent

Sarko a l'esprit de suite et tout en prétant ses playmobils pour éviter que les conneries de Galouzeau ne les entraînent trop loin, il n'oublie pas une de ces grandes préoccupations : la traque au clandestin. Dans une lettre aux préfets et aux procureurs, il leur demande avec Clément de faire de la lutte contre l'immigration irrégulière un « axe majeur » de leur action.

Le manuel du parfait rafleur

Le 21 février Sarko et son collègue de l'injustice, Pascal Clément le mal nommé ont signé et envoyé conjointement aux préfets et aux procureurs une circulaire sur les interpellations des étrangers en situations irrégulière qui est selon des juristes du GISTI un véritable manuel de traque aux « sans-papiers » Il y est fait l'inventaire de tous les moyens légaux et des pires jurisprudences permettant de faire du chiffre.
Ce document distingue et détaille les possibilités de quatre types d'interpellations :

sur la voie publique

par réquisition du procureur sur une zone donnée (de préférence à forte concentration immigée), la chasse est ouverte et tout le monde peut être contrôlé : ce sont les fameuses rafles de pleine rue auxquelles on assiste, peut-être moins massives en apparence, mais qui peuvent se faire aussi dans des lieux plus discrets : le contrôle est libre aussi dans les lieux ouverts au trafic international (gare, port, aéroport etc.) ;

au guichet des préfectures

ce qui permet au gré d'une jurisprudence complaisante de conseiller de façon éhontée au représentant de la loi de tendre de véritables pièges aux demandeurs de titre de séjour qui doivent se méfier des convocations et qui, suite à de premières arrestations, ne se déplacent plus toujours (ce qui ne peut qu'aggraver leur situation...) ;

au domicile

ce qui est en principe interdit, mais la circulaire rappelle que ne sont pas protégés les hôpitaux (dont le bloc opératoire), les associations, pour remettre une notification de reconduite au territoire (en cas d'absence, au cas où la personne qui se trouve présente est susceptible d'être le destinataire, c'est-à-dire déjà de la même origine, il peut être embarqué pour vérification) ;

dans certains logements spécifiques : foyers de travailleurs migrants ou centre de demandeurs d'asile

la circulaire demande au préfet de monter des opérations de contrôles aux alentours et d'obtenir la collaboration des gestionnaires pour coupler contrôle locatif et contrôle d'identité (les suspects de sous-location peuvent être remis à la police), en organisant une réunion (avec le procureur) avant le 10 avril.

La direction de la Sonacotra, société d'économie mixte directement gérée par l'Etat et le Ministère de l'Intérieur, avec un préfet à sa tête n'a pas besoin d'attendre la réunion. Cette semaine presque tous ses foyers de Paris et sa banlieue ont fait l'objet de premiers contrôles d'hygiène. Après avoir expulsé en septembre treize résidents d'un foyer de Saint-Denis pour constitution de comité, elle continue à faire procéder à la fermeture des lieux de vie commune et de service : salle de réunion et de restauration, voire, pour les mieux dotés, ateliers informatiques sont interdits d'accès, alors que se poursuivent les procédures contre les résidents de la Fontaine-au-roi.

Tous les gestionnaires ne font pas autant de zèle mais les opérations dans les foyers se multiplient à nouveau alors que l'on pourrait croire les flics occupés ailleurs. Des policiers ont pénétré sans ordre ni autorisation dans un foyer pour en chasser les petits commerçants, après avoir harcelé pendant plusieurs jours les résidents par des contrôles inopinés. Une rafle a eu lieu mardi devant le foyer de Chevaleret (une trentaine d'arrestations). Etc. etc.

Et pendant ce temps...

Rassurez-vous, le pire est à venir : laissant ce crétin de Villepin se dépètrer avec le CPE et son petit orgueil de faux aristocrate, faux poète, faux stratège, Sarko peaufine de son côté sa fameuse loi sur l'immigration « choisie » (par lui) qui devrait être discutée dans les premiers jours du moi de mai et décidera pour nous qui peut venir dans notre beau pays. Pour rappel l'Etat va se réserver de choisir, pour le grand bénéfice des entreprises et la plus grande gloire de ses serviteurs :

• des travailleurs pour combler les difficulté de recrutement économiques et géographiques des patrons français ;

• des étrangers susceptibles de contribuer au « rayonnement de la France » qui pourront aspirer à la nouvelle carte « Compétence et talent », artistes (quand on connaît les goût de chiotte de Sarko, on frémit), footballeur, bouffons du roi et autres amis de la princesse...

Dans le même temps seront restreints les droits des conjoints de Français (moins bien traités que ceux des autres Européens qui ne sont soumis qu'aux dispositions européennes de l'espace Schengen), des résidents de longue date (suppression de la loi des 10 ans, « prime à l'irrégularité »), de leur famille (durcissement des conditions de ressources et de logement pour le regroupement familial et nécessité de justifier de son « intégration républicaine », dont la connaissance de la langue et avis du maire !). Ils en ont embauché combien de keufs pour faire tout ça à la fois ?

La circulaire sur les « Conditions de l'interpellation d'un étranger en situation irrégulière, garde à vue de l'étranger, réponses pénales »

voir aussi
Uni(e)s contre une immigration jetable : http://www.contreimmigrationjetable.org/
Gisti : http://www.gisti.org/

Sur les foyers :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Foyer_de_travailleurs_migrants http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=18556

AZB

vendredi, décembre 09, 2005

Et ça va continuer

Chirac tente de recoller les morceaux :

— à Bamako, « non la polygamie n'est pas responsable des émeutes »,
— retour à Paris, on nomme une mission de décolonisation des lois sinons des esprits.
Et à qui on confie cette « délicate mission » de laver le linge salle des restes de l'empire ? Au plus demeuré des fils de l'amer Michel. Certes la famille a toujours plutôt connu les bons côté de la colonisation, mais pour apaiser les esprit il faut faire simple.

Ils finissent par avoir peur de leur propres troupes. En particulier il y a une trentaine de députés Sarkozystes acharnés, les « fachos » comme eux mêmes les appellent.

Et le petit teigneux veux maintenant nous donner des leçons de slogans quand il rabache toujours travail, karcher, racaille. Mai 68 à part chez Leclerc c'est plus trop de saison. Rarement l'utopie aura semblé aussi loin. 2005, c'est le mazout sur la plage, les fafs aux manettes, le n'importe quoi pourvu que t'aboies et si on comprend pas on frappe et pour ceux qui réfléchissent encore, c'est comment on va s'en sortir de cette merde (et vite)?

jeudi, novembre 17, 2005

Et maintenant c'est le regroupement familial

Décidemment l’UMP est rapide à la détente en ce moment.

Le vieux leader du FN a à peine eu le temps de s’attaquer pour la nième fois au regroupement familial lundi dernier [1] que deux jours plus tard, Bernard Accoyer, le pdt du groupe UMP à l’Assemblée nationale déclare que les pouvoirs publics s’étaient montrés « étrangement laxistes avec la polygamie » et insistait, au micro de RTL, sur la nécessité de « poser la question du regroupement familial ».

Le ministre de l’Intérieur, pour sa part, tout auréolé de sa forte progression dans des sondages aux petits oignons, émet le même souhait dans une interview à l’Express le jeudi.

Cette scandaleuse équation polygamie = zizanie est aussi celle qu’avance Gérard Larcher, ministre délégué à l’Emploi dans un entretien au Financial Times. Selon lui, la polygamie serait « l’une des causes » de la crise des banlieues. La polygamie serait également l’une des causes du chômage (!), surenchère-t-il [2].

Enfin, last but not least, il faut dire que le Pdt de la République lui-même, dans son allocution télé sur les violences urbaines, a fait valoir qu’il fallait « être strict dans l’application des règles du regroupement familial ».

Résumons (liste non exhaustive et ordre non prioritaire modifiable à loisir) :
1. Annonce de l’expulsion express des « émeutiers » de nationalité étrangère ayant un titre de séjour ou non (on évite de parler de la complexité juridique à démêler dans la pratique — sur les cent vingt il n’y en aurait « plus que » dix d’éventuellement expulsables — mais quand faut y aller faut y aller et la justice se plie à la situation d’urgence mise en avant au gouvernement et ne s’embarrasse pas de détails) ;

2. Préparation d’une proposition de loi visant à éventuellement « déchoir de la nationalité française » les étrangers naturalisés « qui participent à la guérilla urbaine » (celle-là c’est Jean-Paul Garraud, député UMP) ;

3. Possibilité aussi de couper les allocations familiales municipales aux parents de méchants jeunes dans certaines communes (là aussi c’est un maire UMP qui est à la base — ils veulent vraiment créer des familles de délinquants, ou quoi ?) ;

4. Etat d’urgence (couvre-feu, perquisitions de jour comme de nuit, écoutes, contrôle des courriers électroniques, liberté de la presse, droit de réunion et de manifestation remis en cause) — très électoraliste aussi (on gonfle les muscles vous voyez, pas la peine d’aller chez de Villiers) ;

5. Possibilité d’entrer en apprentissage professionnel dès l’âge de quatorze ans : réponse éducative de de Villepin aux émeutes dans les banlieues. Bravo ! On entend beaucoup dire que ceux qu’on appelle les jeunes de ces banlieues n’avaient plus de rêves d’avenir, que c’est pour ça que ça a pété. Et en fait de rêves, au charbon les enfants ! Allez, faites pas chier. Au fait, il y a du taf à la clé ?

6. Service civil pour inculquer aux plus récalcitrants les bonnes vieilles valeurs perdues, sur le modèle de la « deuxième chance », expérience pilote en cours et encadrée par des militaires en retraite (notons que pour l'UMP ce service doit être volontaire, alors qu'au PS on réclame qu'il soit obligatoire) ;

7. c’est de nouveau le regroupement familial auquel on s’attaque. De nouveau car il a déjà été remis en cause par un décret (8 décembre 1978) interdisant l’admission des familles des étrangers résidant régulièrement sur le territoire. En 1980, sur recours du GISTI (groupe d’information et de soutien des immigrés), le Conseil d’Etat avait annulé ce texte, érigeant en principe constitutionnel le droit de vivre en famille, fût-ce pour les étrangers.
De toutes façons, avec l’Etat d’urgence prolongé de trois mois, c’est la France entière qui s’en prend plein la gueule (entre autre le cassage des mouvements sociaux à venir).

Alors, « La récréation est finie ! », ainsi que le clamait le général-président en juin 68 ? Pas si sûr.

(ZURDO)

[1]Voir par exemple : http://www.liberation.fr/page.php?Article=338161.
[2]http://www.liberation.fr/page.php?Article=338883

Photo : remise de trophée à Gérard Larcher, ministre délégué à l’Emploi, dans sa Mairie de Rambouillet à l'occasion d'une cérémonie de jumelage avec une commune allemande.

mercredi, novembre 16, 2005

« Vous voulez un sujet ? Parlez-moi
d'intégration. »

J'ai parfois l'impression que c'est comme la gravitation. Un fourre-tout.
La gravitation c'est ce qui fait tomber.
Comment ? A cause des gravitons. Problème réglé.
L'intégration est réalisée par des intégrateurs.
Mwais...
J'ai l'impression que ça cache les vrais problèmes.

SALADE

Les affrontements qui ont opposé tant de jeunes dans les cités à la police depuis la mort de Bouna et Zyed à Clichy-sous-bois, nous ont amené à beaucoup publier en ordre en peu dispersé, dans l'urgence qu'il y avait à s'opposer à la surenchère verbale et disciplinaire, la désinformation et la confusion qui accompagnait la propagation de cette insurrection à laquelle nous assistions de loin.

Nous n'avons pas été les seuls et maintenant que l'urgence n'est plus que celle de la police, pour trois mois renouvelables, nous reprenons ce blog quand Libération se met en grève.

Sur les Effets de Terre, 36 15 Flash nous avait précédé sur le sujet avec son fracassant « L’Affrakassa social ou ma mère est un fils de pute ». La dissertation de Salade sur l'intégration nous a amené à remettre à jour une vieille analyse du programme officiel de représentation de la diversité culturelle à la télé française. Ces recommandations ministérielles et commissariales sont présentées dans un document public édité et distribué par le FASILD qui reste malheureusement trop confidentiel. Lecture éclairante pour mieux comprendre les conséquences du refus du gouvernement et d'une large part de la population française de remettre en cause la ségrégation de fait que subissent les habitants des cités et des quartiers les plus pauvres, malgré les difficultés et le mécontentement croissants et les violences générées.

Un correspondant du Sénégal nous demande pour sa part, « si l'accent est mis sur le dialogue interculturel, dans l'implication des associations dans la gestion de la crise ? » Que dire ? Il y a du travail mais cette crise aura des suites de toute façon.

Les associations ? Les socialistes redécouvrent leurs vertus à l'occasion de leur synthèse — avec celles du service obligatoire pour en six mois dépister et guérir l'illétrisme, soigner le chômage, préserver de la délinquance puis quoi encore ? peut-être nous garder de la grippe aviaire, va-t-on savoir. De son côté le gouvernement annonce qu'il va à nouveau verser les subventions «  politique de la ville  » supprimées en 2003 et réclamées depuis par les maires. Les municipalités sauront-elles mieux partager et se montrer attentives aux projets engagés ou renouvelleront-elles les mêmes erreurs dénoncées dans le rapport de la cours des comptes de la fin 2002 qui avait été prétexte à la suppression de ces fonds ? On verra.

mercredi, novembre 02, 2005

Vous avez dit risque sanitaire ?


ZURDO

Pendant que le gouvernement, relayé par les medias, nous parle risques sanitaires, stocks de vaccins, consignes en cas de pandémie et qu'on multiplie les groupes de travail, commissions spéciales et autres réunions de crises, au niveau national et européen, l'accès aux soins, en France, devient au quotidien plus difficile pour beaucoup.

Depuis le 29 juillet de cette année, deux décrets durcissent en effet l'accès à l'aide médicale d'Etat (AME), ce dispositif prévu depuis 2000 pour les étrangers qui n'ont pas de titre de séjour et sont donc exclus de la CMU. Bénéficier de l'AME est maintenant devenu un véritable parcours du combattant administratif puisqu'il faut présenter un paquet de documents (identité, adresse, ressources, justification de 3 mois de présence sur le territoire, etc.) qu'il est justement très difficile à avoir pour un sans-papiers, sans parler de la peur d'être fiché vu l'ambiance et le ballet des charters qui se poursuit.

Rappelons que le ministère de l'Intérieur estime qu'il y a entre 200 000 et 400 000 sans-papiers sur le territoire.

Bien entendu, quand il devient compliqué de se faire soigner, on attend le dernier moment, il faut vraiment qu'on aille très mal et en attendant les pathologies se développent et les risques, pour soi et pour les autres, augmentent (sans parler de H5N1, la tuberculose c'est contagieux, mais ça se soigne). En passant, même si l'AME représente pour l'heure moins de 1% des dépenses de santé, ce durcissement va aussi augmenter les coûts car soigner en urgence c'est plus cher. La sécu, elle aussi, s'en portera donc d'autant moins bien. Et Médecins du monde, qui ne flique pas ses patients, sera encore plus débordé, merci pour eux.

Ce qui est sûr, en tous cas, et ça fait au moins une bonne nouvelle pour ceux qui sont aux manettes, c'est que pendant que tout le monde parle grippe aviaire on ne parle pas, ou moins, d'autres sujets qui fâchent (chômage, logement...).

    Premières parutions sur Effet de Terre, Virus volant, le 20/10/05 et Forums Télérama - politique gouvernementale - le 20/10/05.

    Sources (entre autres):
    http://www.liberation.fr/page.php?Article=314475 http://www.liberation.fr/page.php?Article=329244


    Pour en savoir plus sur l'AME:
    Act Up Paris
    Médecins du Monde