mercredi, septembre 14, 2005

Lettres japonaises

DU NAUTILUS 20 & DES ANTIPODES Vient de paraitre un article signé par un membre de l'équipage dans un revue japonaise sur le rejet du projet de Traité constitutionel européen par les milieux, militants et organisations de la gauche française :
清水芳恵、「欧州憲法条約をめぐるフランスの争点」、季刊『ピープルズ・プラン 31号』、ピープルズ・プラン研究所、東京、2005年。 Shimizu Yoshie, « “Non” to the EU charter from the lefts wins in France », The People's Plan Quaterly, Summer, 2005, n°31
disponible pour l'instant en japonais et en version papier. Adresse de la revue :
ピープルズプラン研究所  169-0072  東京都新宿区大久保2-4-15-3F(日本) People's Plan
2-4-15-3F
Okubo
Shinjuku-ku
169-0072 Tokyo JAPAN
People's Plan Quaterly, n°31

mercredi, août 24, 2005

Mardi 23 août : la bibliothèque est de nouveau fermée

La réouverture de la bibliothèque du Nautilus 20 aura été de courte durée... Elle nous aura juste permis de remettre un peu d'ordre dans nos biens, à défaut de pouvoir les récupérer tous, et surtout de démontrer que la Sonacotra en était réduite, dans son incapacité à prouver son bon droit et même, ne serait-ce qu'à accepter les règles juridiques de base sans parler de respecter la décence la plus élémentaire, à employer les pires méthodes, devant lesquelles nous savons qu'elle ne recule pas. Pour des informations plus détaillées, lire l'éditorial du site de la bibliothèque.

lundi, août 22, 2005

Réouverture de la bibliothèque

Paris, le 21 août 2005 Après plus de six mois de fermeture abusive, la Bibliothèque du Nautilus est à nouveau ouverte au public depuis sa réinauguration le vendredi 8 août, du lundi au vendredi de 17 h. à 21 h. - Nous remercions tous ceux qui nous ont fait le plaisir de répondre à notre invitation, par leur présence, leur témoignage de soutien, leurs pensées exprimées ou tues et nous nous excusons auprès de ceux que nous n'avons pu prévenir à temps.

Consultation libre. Conditions de prêt : se renseigner sur place. Au plaisir de vous recevoir.

___________
 

Cette réouverture fait suite à plus de six mois de séquestration abusive de nos livres par l'agence Sonacotra Est et sans que les négociations entreprises avec l'administration nationale de la Sonacotra n'aient permis de résoudre le conflit (cf. l'invitation déjà citée, et nos articles « Des Nouvelles du Nautilus 20 » et « Pour plus d'information sur la Sonacotra », où recherche google). Aussi une simple manifestation de sympathie pour cette entreprise nous serait précieuse, si vous acceptiez de joindre votre signature assortie de précisions ou de commentaires à la liste de soutien donnée ci-dessous (pour cela il nous serait nécessaire que vous nous indiquiez par mail ou téléphone sous quelle forme vous souhaiteriez que la vôtre apparaisse, notre site étant encore dépourvue pour l'instant de toute autre forme d'interactivité).

Au cas où vous déseriez de plus amples informations, nous restons à votre disposition. Salutations nautiliennes. L'équipage


Initiative soutenue par le Collectif Annam et Shimizu Yoshie, sociologue, Valentin Pelosse,sociologue, éditeur des œuvres de Joseph Dejacque, Patrig Penn, poète, journaliste, Caroline Tiffou, journaliste, Pierre-Marie Bourdaud, écrivain, Yann Fache, agrobiologiste, Rosalie MignonRosalie MignonVictoria Follonier, réalisatrice de films documentaires, Arnaud Erhesmann, administrateur réseau, Graziella Ravin, naturopathe, Papa Oumar FALL, promoteur culturel/SENEGAL, SEMEtt ou l'étincelle noire, Etienne Erhesmann, relations publiques, Gérard Hector, Infirmier I.S.P., Paris, Camille Boulay, étudiante, Marc Tézède, écrivain navigateur au long cours, Jean-Pascal Livrecci, informaticien, Christophe Giudicelli, historien, Sorbonne Nouvelle, Barco Bolo, explorations en tout genre, Benjamin (Kadi), musicien percussioniste...

lundi, juillet 04, 2005

Pour plus d'infos sur la Sonacotra

La Sonacotra, Société nationale de construction pour les travailleurs, le colonialisme au quotidien et près de chez vous...

Deux articles sont parus récemment sur Indymédia faisant état d'actions menés dans les foyers des marchands de sommeil de l'Etat :

Manifestation contre la répression à la Sonacotra> ;

Coordination contre la répression à la Sonacotra.

Une petite anecdote oubliée lors du contrôle musclé au Foyer de la Fontaine-au-roi. — Mme Patricia Boisseleau, directrice de l'Agence Paris-Est présente sur les lieux, déjà fameuse pour ces méthodes autoritaires et son manque total de scrupules et de prudence, est interpellée sur des fuites d'eau récurrentes dans certaines chambres. Déclaration prise sur le vif : « Tant qu'il y aura des résidents en surnombre, pas de réparation. »

L'inondation après le kärcher pour lutter contre les nouvelles classes dangereuses ?

++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++

Pour en savoir plus

La Sonacotra est une société d'économie mixte très, très proche de l'Etat, qui gère environ 450 foyers de travailleurs migrants (FTM in teknojargon). Une administration de l'Etat à l'origine, créée pendant la Guerre d'Algérie pour loger et surveiller les travailleurs algériens et financée grâce à leurs allocations familiales que les technocrates avaient bloquées depuis 1946. Pourquoi ? Ben, tu ne vas quand même pas nourrir la smala du bled avec le salaire de Moussa ! Il a bien sué le burnou à cette époque de grande reconstruction, mais, dit autrement, les planificateurs, certains en place comme lobbyistes depuis les années 30, ont quelques soucis démographiques (pour ne pas dire eugénistes) du fait de la situation d'apartheid larvé dans le département d'outre-méditerranée (revoir pour ceux qui ont la mémoire courte l'histoire du 8 mai 1945, des promesses de la conférence de Brazzaville escamotées, de l'invention des deux collèges électoraux etc.). Mieux valait consacrer cet argent prélevé sur le salaire des travailleurs pour leur construire des clapiers à leur frais pour qu'ils continuent à bosser comme des nègres...

Après les accords d'Evian, la Sonacotral (Soc. Nat. Cons. Trav. algériens) devient enfin La SONACOTRA et accueille à partir de 1962 toutes les nationalités (surtout maghrébins et subsahariens), sans changer de méthodes...

Depuis 1995, la Sonacotra, comme le demande depuis des années le Front National, et la félicite la Cours des Comptes dans son rapport de décembre 2004, offre ses services à « nos concitoyens les plus démunis. », i.e. les RMIstes et autres exclus subventionnés. - Sympa pour eux, non ? Des Français de souche à la Sonacotra, l'intégration est en en bonne voie.

Pour d'autre infos, nous recommandons en premier, le site officiel assez amusant. Leur chronologie en particulier est un monument de révisionisme naïf par son omission des cinq années pourtant assez mouvementées de 1975 à 1980. La Société nationale de construction pour les travailleurs, avant établissement administratif est maintenant une Société d'économie mixte détenue à 80% par l'état (les 20 % restant n'étant pas loin, je vous rassure). Une vieille dame qui a le gout du secret et l'évolution récente tend encore à brouiller les pistes et les responsabilités.

A retenir, leur proximité avec le pouvoir d'Etat (« la Sonacotra est un outil de l'Etatnbsp;», peut-on même lire sur leur site). Le PDG, désigné en conseil des miinistre a le statut de préfet !

Mme Boisseleau, qui a la charge des deux foyers en question (La Fontaine-au-roi et Annam) est la directrice d'une agence, un « centre de production » comme ils disent (déconcentration égale dictature du petit chef, oui ou non ?). Elle gère une huitaine de foyers du Nord de Paris. Certains sont spécifiquement africains, d'autre tendent vers ce qu'ils appellent dans leur voeux pieux des résidences sociales : elles hébergent comme celle d'Annam une population hétéroclite de plus ou moins miséreux et nécessiteux (A Annam, 400 personnes, 50 nationalités + 40 % de Français, 54 RMIstes au dernier recensement...). Quant à l'accompagnement social, au mieux il est absent. Production de misère, entretien de la dépendance, un autoritarisme qui fait que certains résidents soutiennent que la direction a le pouvoir de leur interdire de se parler entre eux, une « rente » de la bouche même de certains administrateurs.

Sur leur histoire, nous recommandons les articles du site du Gisti :

 sur la sonacotra en générale et les luttes dont elle fut le théâtre : http://www.gisti.org/doc/plein-droit/53-54/lutte.html

 sur le vol par l'Etat des allocations famiales des travailleurs algériens pour financer l'opération : http://www.gisti.org/doc/presse/1998/math/allocations.html

Et une interview publiée dans Vacarme : un meneur des grèves historiques de la fin des années 1970 revient dessus et sur les liens avec les mouvements de sans-papier qui en sont nés :

 http://vacarme.eu.org/article115.html

Sur la situation actuelle, faire une rapide revue de presse sur Internet : vous tapez Sonacotra et, mis à part les articles officiels de propagande, une litanie de condamnations, le constat de l'abandon croissant de ces populations au bon vouloir et à l'incurie des technocrates et quelques échos d'une lutte endémique entre gestionnaires et résidents réunis ou non en comité, quelques protestations de la presse de gauche... Nous avons une liste, mais rien qui sortent du lot et cela fait déjà assez d'infos !


Qui, à part nous, s'intéresse à la Sonacotra ?

• Le Front national, mieux informé que la plupart sur la politique publique de mmigration et qui ne s'y trompe pas,lui reprochant d'avoir été un instrument majeur de son contrôle par l'Etat. Le FN doit bien être le seul de tous les partis à afficher ainsi sa position sur une question que les autres abandonnent à un traitement administratif un peu honteux. C'est déjà extrême-droite qui avait attiré l'attention sur les foyers par quelques attentats racistes il y a plus de quinze ans. Ils ont repris aujourd'hui (cf. entre autre le Monde du réveillon, une nuit au foyer Sonacotra d'Ajaccio.)

Le programme actuel du FN (disponible sur Internet) mentionne deux fois la Sonacotra et préconise la transformation des foyers de travailleurs migrants en centres d'hébergement pour « nos compatriotes les plus démunis », ce que tente de faire l'Etat quand il programme leur transformation en « résidences sociales ».

• Mais que fait le gouvernement ? Plus de rapports parlementaires intempestifs depuis celui de Cuq, un ex flic des RG corréziens, aujourd'hui ministre des relations avec le parlement, qui en 1995 avait dressé la liste de 20 foyers africains à détruire d'urgence (épargnant cependant l'étatique Sonacotra). Mais la Sonacotra figure en bonne place dans le rapport que la cour des comptes à remis en novembre dernier sur l'administration de l'immigration.

On lui reproche d'avoir mis 20 ans, de 1974 à 1994, à s'adapter au changement de la politique d'immigration en continuant à accueillir exclusivement des étrangers. Elle est félicitée pour avoir déjà engagé la transformation de certains foyers en résidences sociales et en avoir ouverte d'autres et encouragée à être plus répressive contre la surroccupation dans les foyers qui hébergent encore des étrangers et qui sont vus comme des nids de clandestins (depuis que j'ai écrit ce texte, Villepin en a rajouté une couche contre les clandestins justement).

Il est difficile de réaliser que le foyer Annam fait partie des rares initiatives heureuses qu'ils saluent. J'en ai froid dans le dos. Il faut dire qu'il faudra de la place pour loger tous les RMIstes dont on vient de nous annoncer (d'après certains qui suivent mieux que moi l'actualité des chiffres pour la deuxième fois consécutive en un an d'intervalle) que le nombre vient de dépasser le million (sans compté les autres exclus subventionnés). Libé ne relie pas cela à l'immigration, cela ferait mauvais genre, le Monde s'en fout. L'Etat, lui continue à s'acharner sur les africains et privilégie les polonais qui se remarquent moins (mais où va-t-on les mettre si les foyers sont plein de RMIstes ?). Tout va bien.

• Relâchez les petits vieux ! Seul le sort des vieux maghrébins, les« chibanis », qui seraient retenus en France dans les foyers sous prétexte de toucher leur retraite, émeut les coeurs sensibles. L'Etat avait même commandé il y a quelques années une enquête à l'UNESCO sur cette population résiduelle non prévue dans les plans des technocrates. le sujet est assez bien documenté (études sociologiques sur la manière dont ils s'accommodent de la situation, dénonciations de la presse de gauche, rapports administratifs). Un reportage est paru dans le CQFD de février sur la situation à Marseille : http://www.cequilfautdetruire.org/article.php3?id_article=539. Aujourd'hui, la Cour des comptes s'en alarme et propose que les consulats au pays puissent s'en occuper et qu'on leur y construise des logements à côté (qui ? la Sonacotra ?), car, sinon, comment contrôler que leur famille ne continuera pas à percevoir leur pention après leur mort ?

 Et vous vous en pensez quoi ?

Première publication: Indymedia Paris.

dimanche, avril 24, 2005

Les explorations du Nautilus #1


Miracle prolétarien. Résurrection d'un vrai prolo, Joseph Dejacque, qui nous revient en pleine forme sans rien avoir perdu de sa vindicte, exhumé par les bons soins du docte Valentin Pelosse (à lire : son Agité prolétaire en ouverture à la Question révolutionnaire). Prolétaire tu peux être élégant et intelligent ! Un site agréable et sobre au service d'un message toujours jeune, privilège commun de l'Utopie et des voyageurs. A travers les viscissitudes et la pensée inséparablement mêlées de Dejacque, le bien nommé, c'est tout un nouveau monde que nous découvrons, le New-York de 1860 en proie aux pires misères et convoitises, les luttes révolutionnaire de l'époque au jour le jour, les joies, la détresse et les espoirs des pauvres en exil, et des questions bien actuelles :

http://joseph.dejacque.free.fr/

Le toto sort du squat. Et invite tous les communistes à son Meeting, la revue internationale de la Communisation :

http://meeting.senonevero.net/

Des discours parfois indigestes mais des débats animés, amusants et ouverts, une fois maîtrisés les quelques concepts de base indispensables. Pour ceux qui souhaitent prolonger sur le Net les discussions entamées au comptoir, s'initier ou s'exercer aux dernières subtilités de la dialectique révolutionnaire, renouer avec de vieilles connaissances, de Marx au Tiqqun.

Pour ceux que ça intéresse. Le quotidien officiel de la Côte d'Ivoire, Fraternité matin :

http://www.fratmat.co.ci/

La France vient de perdre une guerre qui se termine sur un drôle de bilan. Aucun site ne publie à ma connaissance de textes émanant de la rébellion ou de groupes de pensée d'opposition. Manque de moyens? La flambée de spritualité délirante qui s'est emparée du pays semble avoir frappé un temps les meilleurs esprits de stupeur. Et la Côte d'Ivoire est encore un pays unanimiste...

La presse française? Elle ne vaut guère mieux. La télé et les journaux populaires irresponsables et aux ordres, Libé d'une incompétence coupable (ils attendaient quoi? Un petit massacre à la rwandaise pour démontrer que les noirs ont ça dans le sang?), le Monde trop sérieusement institutionnel pour saisir le chaos social ambiant, le Figaro encore le plus lisible (hélas?) et le plus lucide. Les alternatifs? Il ne faut pas oublier que depuis l'indépendance concédée et conditionnée par De Gaulle, ces terres sont, en particulier pour les ressortissant de notre cher pays, du domaine réservé des hautes sphères de l'Etat et d'autres mafias y ayant partie liée. Pour se consoler, quand-même une petite galerie de photos à se mettre sous la dent :

http://blaisepascalabidjan.free.fr/galphotos.htm

Un coucou à Libé. Tout n'est pas perdu. Le débat sur les panneaux solaires continuent sur

http://terre.blogs.liberation.fr/terre/2005/04/embruns.html



Voilà. C'est tout pour cette fois.

Les explorations du Nautilus #1

mardi, avril 12, 2005

Rappel modéré aux camarades bourgeois sans a priori

Un appel anonyme donc. Tiens, tiens... Destiné à qui ? Là aussi, le doute plane. Pourquoi moi d’abord, moi qui me suis déjà infligé le Tiqqun et qui n’en redemandait pas tant ! Et j’apprends que je ne suis pas tout seul dans ce cas. Comme on se retrouve ! Le cercle pour petit qu’il soit mérite d’être mis en avant (un peu de pub au passage). On peut mépriser le quantitatif (on a appris à se méfier de la masse), mais aspirer à la gloire, prôner le communisme ici et maintenant et ne pas négliger son porte-monnaie, mépriser l’époque et en connaître les ruses, les dénoncer et les pratiquer.

Alors ? A quoi reconnaît-on un révolutionnaire ? Ton identité est-elle si importante ? La revue invite au débat avec une bonne volonté désarmante. L’effeuillage commence ? Coquette ! Qui es-tu, beLE inconnuE ? Car tu existe, auteurE, quoi qu’il en coûte à notre conscience communisatrice. Il en faut bien un dans ce triste monde qui ne nous appartient pas puisqu’ils ont tout, ces salauds, eux, ceux qui nous contrôlent, enferment nos camarades, etc.

Le bon sens, toute Tiqqunerie mise à part, l’exige, la corporalité ne peut être niée. Et sans me moquer, la question se pose. Le Tiqqun malgré son allure de compilation de scholiastes en mal d’avenir comme de présent n’est pas ce qu’on a lu de pire dans la littérature militante de ces dernières années. Un peu de luxe, dense et élégant, dans le grand jeu de l’étouffement. Je garde un souvenir particulier des thèses sur la communauté terrible, émouvant témoignage adolescent, des formules brillantes, des intuitions théoriques aussi, surnageant d’un fatras qui ne cachait pas le sérieux de l’intention.

Tes thèses et tes arguments dans l’Appel ? Ce n’est ni la timidité, ni une irrépressible paresse qui me retiens de t’en demander compte. Je me suis imposé de plus lourdes tâches. Je répéterai seulement ma question : pour qui tu prêches ? Pas pour moi en tout cas : je ne te suivrais pas sur la crête. Merci bien.

Qui est ce nous dont tu uses avec tant de complaisance et de variété ? Nul besoin d’avoir un nez de sanglier pour soupçonner la part de supercherie d’une posture philosophique bien commode, si moeleuse qu’on s’y vautre, qu’on s’y enfonce. Nous pourrions goutter l’imposture littéraire si elle n’était au service d’une idéologie tout aussi rance que le choix de tes mocassins.

Car usurper la position des précaires et des chomeurs pour mieux nous refourguer ton petit Debord, ne te suffit pas. Monsieur l’anonyme philosophe. Animateur à défaut d’auteur, ton orgueil est cependant moins misérable que ta tartuferie. La misère t’est-elle devenue si désirable que tu crois qu’en parer ta prose lui donne de la consistance ?

Pour la plus grande gloire du Communisme, ici et maintenant (communisons tous en coeur, mes frères !), la Révolution vaut bien un pieux mensonge. Et quand on a plus lu que vu, ou vécu, les haillons et les ulcères imginaires donnent toujours l’illusion d’une contenance. Certains s’y laisseront prendre : tu t’adresses à tes pairs.

Le capitalisme n’est pas la réalité, mais lui appartient. Certains en vivent même, paraît-il. Engels ne s’en cachait pas, ayant choisi de consacrer la sueur de ses ouvriers à l’oeuvre grandiose d’un cerveau qui promettait à tous des lendemains meilleurs. Le temps de potasser la science à sa portée, de laisser faire l’époque, la matière. Un peu de bonne volonté... On sait où tout cela a mené.

Aujourd’hui, le communisme a vieilli. Embourgeoisés les doctrinaires. Renoncer ? Il n’en est pas question. Faire son époque, lancer ses théories à l’assaut. Toujours. Merci Internet, on propage sa rhétorique sans risquer sa tête. Le confort de son chez-soi vaut mieux que la tribune.

Aujourd’hui le monde est devenue bien complexe et ce triste constat nourrit encore notre haine d’impuissant contre tous ceux qui font profession de post-modernisme. Une consolation : au moins nous sommes face à face. Marx raisonnait pour cinq pour cent de l’humanité, nous vivons dans une société globale, sans frontière. Seules sur les îles Adaman quelques tribus isolés par l’administration tirent encore des flèches sur les avions qui viennent s’assurer qu’ils vivent encore librement dans la forêt vierge de tout contact.

L’issue est proche. Trop de misère. La pollution. Presque une divine surprise. La bêtise des autres est notre meilleure alliée ? Défendons-nous de la politique du pire. Il va encore falloir subir la masse mais notre civilsation court à sa perte et qui s’en plaindra ? Nous ne sommes pas nihilistes pourtant. Le tout est de savoir se préserver des éclaboussures.

D’où les crêtes. C’est quand même mieux que les bas-fonds. S’enterrer ou planer ? Ne pas trop s’en mêler de toute façon. Démissioner ? Annoner. Réfléchir pour les moins cons. Comme le disait Confucius, le sage reclus fait tourner le monde dans sa main. Prions. Comprendre ? Qui lirait aujourd’hui de la politique économique ? L’écologie par dessus le marché. Tout est au-dessus de nos forces.

La clandestinité est imposée à beaucoup. Une condition qui s’est banalisée. Comme le salariat et pas mal d’autres misères. Continue à t’en faire gloire dans tes pantoufles et prie : nous sommes avec toi.

Conditions de la refondation du matérialisme historique 1ère partie (réponse)

La dissémination, un vieux concept puisé dans l’analogie biologique. Un atavisme. Déjà Pierre Larousse dans son ambition encyclopédique l’avait choisie comme emblème. Stratégie r l’appelle-t-on dans la classification que les spécialistes des populations ont établi des modes de reproduction. La stratégie du pauvre, du prolétaire en son sens premier (le bourgeois serait lui plutôt cas si nous filons la métaphore K, c’est à dire soucieux des ressources et économe mais ce n’est qu’une métaphore). La première richesse, primordiale - car si on professe encore un matérialisme ce ne peut être que celui qui n’oublie pas l’ontologie phylogénétique de l’homme - la première valeur est la progéniture. Disséminer est un pouvoir. Il y a la sélection aussi donc il ne faut pas non plus trop rêver. Petit poisson ne deviendra pas forcément grand. Cela rejoint une question que pose une autre contribution de ce site à l’expérience très attachant. Celle de l’unité. De l’unité du prolétariat et de la diversité des individus. La politique est-elle un art des populations ? Les gérer. Beaucoup ont ce terme en horreur qui n’en ambitionnent pas moins de participer à la programmation de notre futur. La vieille question de la téléologie est entre nos mains. Nous devrions pouvoir dans une démocratie adaptée au nouveau moyens de communication pouvoir décider s’il faut débrancher le Pape ou revendiquer nos droits historiques sur la Floride à la suite de la mort de son dernier Prince souverain. Qu’a à nous proposer le communisme en regard ? Ce qu’il y a de bien dans le capitalisme comme dans l’ancien régime c’est qu’on ne s’y ennuie pas. Enfin jamais trop longtemps. Bien sûr il y a le colonialisme, les guerres et plein d’autres choses dont l’évocation seule m’est pénible. Mais enfin voilà on est toujours là. On a même Internet. On en découvre les charmes et les joies et on écrit, on écrit. On a enfin trouvé son public. Important le public. Plus envie de prêcher dans le désert. Pas le temps. Donc disséminons, disséminons. Dieu retrouvera les siens. Il faudra que je lise ton article (devons-nous nous tutoyer ?). Je te connais peut-être. Décidément cette partie de cache cache électronique est très amusante.

Un naturaliste de passage

En réponse à Conditions de la refondation du matérialisme historique 1ère partie. Matérialisme historique et dissémination, Calvaire, lundi 4 octobre 2004.
: « La dissémination s’impose comme seule condition vraiment généralisée. C’est ainsi qu’une méthode matérialiste historique (postmarxiste) renouvelée et mise à jour permet de voir notre époque.

Partons donc de cette dissémination pour entrevoir sa possible synthèse théorique et son dépassement révolutionnaire... »
Ne vous sentez pas obligé de lire la suite.

lundi, novembre 17, 2003

Dérèglements #1

Dehors, il fait beau. Quelle immense tristesse t’envahit en ce mois de novembre. Comment les générations futures comprendront-elle le subtil jeu des saisons qui a marqué l’histoire matérielle et symbolique de l’homme ? Dans cent ans, les conséquences des activités humaines sur le climat auront atteint une telle ampleur que les conditions de la vie sur Terre ne nous sont même pas imaginables. Comment comprendront-ils alors ces pages nourries de réflexions atmosphériques, cette poésie des nuées sera-t-elle obsolète ? Grave question. Les feuilles mortes se ramassent à la pelle. A l’appel des siècles futurs, ta plume se précipite. Ton cœur se remplit de dégoût pour cette ville couchée à tes pieds. Tu n’as pas la vocation de charcutier de certains. Tu souhaites plus fuir cette sordide vulgarité qu’en apprêter les tranches pour l’appétit des bourgeois. Pourtant tu écris, et la nostalgie des lieux crapuleux que t’interdit la misère de tes ressources, te soulève encore un peu plus le cœur. Le baromètre est déréglé. Tu n’est décidément capable d’aucune activité suivie. Le destin se noit dans le bruit de fonds des tressautements de ton cœur.

Pourtant tu avais une route toute tracée. Porté, poussé par les espérances, tout petit déjà tu régissais le monde. Tes lectures, tes jeux les plus innocents en apparence te préparaient à la modeler par ton activité réfléchie et résolue, la vie du monde, la marche du monde. Il y a un malentendu fondamental. J’ai lu dans un livre obscur, Péril Blanc de René Bureau.... décrire la scène des playmobiles, à rebours, dans un village africain. L'ethnologue s’en félicitait, voyant dans le refus de laisser les prétentions des enfants dépasser celle des adultes la vraie sagesse.

JMD